Tags: décroissance* + économie* + environnement* + croissance*

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  1. Le dilemme n’est donc pas entre croissance et décroissance, mais entre un rythme plus ou moins rapide de la consommation des ressources naturelles non renouvelables (en particulier de l’énergie fossile) ou, en termes scientifiques, de la ressource que constitue la « dot entropique de l’humanité »
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    « le capitalisme nous oblige à considérer de fait la croissance et le développement comme une identité, c’est-à-dire à voir dans la première la condition nécessaire et suffisante, en tout temps et en tout lieu, du second, l’amélioration du bien-être humain ne pouvant passer que par l’accroissement de la quantité de marchandises. » (souligné par moi).
    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2004-3-page-241.htm
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    https://www.cold-takes.com/this-cant-go-on
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  3. D’autres, comme l’anthropologue Jason Hickel, plaident que la décroissance n’est pas une politique de l’austérité, mais de l’abondance. Il est possible d’imaginer une réduction planifiée de la production dans les nations à revenu élevé de façon à maintenir les niveaux de vie, voire à les améliorer, expliquent-ils. Selon Hickel, cela impliquerait par exemple de redistribuer la richesse existante.

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    il s’agirait de réduire d’environ deux tiers la production de richesse dans les pays développés. « Les usines, les trains, les aéroports ne fonctionneraient qu’un tiers du temps actuel ; l’électricité, le chauffage, l’eau chaude ne seraient disponibles que huit heures par jour ; les propriétaires de voitures n’auraient le droit de les utiliser qu’un jour sur trois ; nous ne travaillerions que treize heures par semaine », conclut Milanović.


    « Caricature ! », répondent les « décroissants ». La réduction de la production occidentale ne se ferait pas de manière aussi transversale. Au contraire : tout ce qui profite à la société continuerait comme avant, alors que l’inutile disparaîtrait. Et Hickel de lister les secteurs « destructeurs sur le plan écologique et qui ont peu, voire pas, d’intérêt pour la société » : le marketing, les 4 x 4, le bœuf, le plastique à usage unique et les combustibles fossiles.

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    aucune quantité de temps libre ne compense les affres de la pauvreté : la possibilité de se libérer des contraintes professionnelles, quitte à ne pas manger, est déjà offerte à tous, sans susciter un engouement démesuré. Selon une formule célèbre, dans la société capitaliste, la seule chose qui soit plus dure que d’être exploité, c’est de ne pas l’être.

    Par ailleurs, l’idée que les loisirs et les services sociaux émettraient moins de gaz à effet de serre repose sur la conviction qu’ils n’impliquent pas l’utilisation de produits manufacturés, et ne requièrent donc ni énergie ni extraction de ressources naturelles. Or les secteurs des loisirs et des services, certes moins « sales » que l’industrie lourde, n’en demeurent pas moins polluants : les instruments de musique sont fabriqués en bois, en métal, en plastique ; les hôpitaux regorgent d’équipements nécessitant des centaines de minerais différents ainsi que des dérivés pétroliers ; le matériel d’escalade, les kayaks, les bicyclettes proviennent, en définitive, de matières que l’on a extraites du sol.

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    l’État social n’est pas l’unique source de notre bien-être : il y a aussi le cinéma, les jouets, les moules à gaufre, les téléviseurs. La rêverie selon laquelle l’absence de tous ces biens de consommation — un retour à une « vie simple » — serait la recette du bonheur séduit les franges les plus aisées de la bourgeoisie, car on rêve mieux de dépouillement lorsque tous ses besoins sont satisfaits. L’une des critiques internes les plus persistantes de l’Union soviétique était que la vie y était grise : on y manquait de vêtements de couleur, de musique et d’ananas. Nous voulons du pain, oui ; mais nous voulons aussi des roses.
    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/02/PHILLIPS/62757
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  4. Dans ce scénario de décroissance, le temps de travail annuel diminue de 75 % en 2035, mais Peter Victor ne précise pas comment s’organise cette réduction, entre hausse des congés payés ou diminution du temps de travail hebdomadaire par exemple. La courbe rappelle étonnamment les prédictions de l’économiste John Maynard Keynes qui imaginait l’instauration de la semaine de 15 heures en 2030. Une idée reprise et défendue aujourd’hui par l’historien Rutger Bregman.

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    Les inégalités, aujourd’hui exacerbées par la croissance, semblent d’abord être un frein à combattre pour stopper la course effrénée à la consommation. L’économiste et sociologue américain Thorstein Veblen avait nommé « consommation ostentatoire » le mécanisme par lequel la volonté d’imiter les plus riches que soit pousse à toujours plus de consommation. Dans La théorie du donut (Plon, 2018), l’économiste Kate Raworth note ainsi que l’accroissement des inégalités favorise de plus fortes dégradations environnementales.

    Lutter contre ce mécanisme pourrait passer par la promotion de valeurs antinomiques à la consommation, comme la « simplicité volontaire », que l’on retrouve chez de nombreux penseurs de la décroissance. Pour cultiver ce qu’Ivan Illich appelle aussi « l’austérité joyeuse » et que décroissance ne soit pas assimilée à une austérité issue d’une crise économique, il faut « réfléchir à ce qu’il convient de développer pour passer d’une austérité imposée à une sobriété joyeuse », écrit Alice Canabate, docteure en sociologie à l’université Paris-Descartes dans Économie de l’après-croissance. Politiques de l’Anthropocène II (Agnès Sinaï, Presses de Science Po, 2015).

    D’un point de vue philosophique, développe la sociologue, cela revient à sortir de ce qu’André Gorz nomme notre « toxico-dépendance de la consommation », et d’un point de vue plus concret, cela passe par la reconquête d’une forme d’autonomie : relocalisation des activités, souveraineté alimentaire, nouvelles formes de travail et d’activités, à l’image de ce qu’imaginent les chercheurs suédois. Dans un monde décroissant soumis à une raréfaction des ressources, il faudrait ainsi encourager l’autolimitation de nos besoins et remplacer la logique du « toujours plus » propre à la croissance par celle du don, du partage et de la gratuité. À l’instar de ce que proposent les scénarios suédois 2050, il s’agit aussi de retisser du lien social en dehors de la sphère économique, source de bien-être peut-être capable de remplacer avantageusement la consommation…

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    Une foule d’indicateurs alternatifs pourraient ainsi remplacer avantageusement le PIB, comme le « PIB Vert », le BNB, Bonheur national brut, déjà mis en place par le Bhoutan, le HPI pour « Happy planet index » ou encore l’Indice de développement humain mis en place par l’Onu. Ces indices composites ou synthétiques tentent de mêler différents objectifs aux unités difficilement conciliables comme le niveau d’éducation, de bien-être, de richesse ou de santé.

    Plus ambitieux car comportant une dimension symbolique excluant la quête de croissance : le donut de Kate Raworth serait un indicateur incitant à l’équilibre en faisant évoluer la société au sein d'un donut : entre un petit cercle, représentant nos besoins essentiels, et un grand cercle représentant les limites planétaires.
    https://usbeketrica.com/article/peut-on-concilier-decroissance-progres
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    https://theconversation.com/peut-on-c...coutons-a-nouveau-ignacy-sachs-103652
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